L’homme est malade…

Dessin de philippe geluck

Généralement, tout commence par un « Je me sens pas bien » avec sourcils froncés et petite moue du type « mais pourquoi moi ? ».

 

Ensuite, il enfile sa polaire alors qu’il fait 22° dans la baraque et que tout le monde est en t-shirt.

La polaire ne suffit évidement pas à contrer le froid arctique qui semble avoir envahi la totalité de son corps, alors il rajoute un plaid autour de ses épaules et enfile ses plus belles chaussettes de ski.

 

C’est ainsi vêtu que l’homme entame sa danse du malade… Il erre tel une âme perdue dans la maison, passe du fauteuil au canapé avec, parfois, un arrêt (en position allongée sans bouger) sur le tapis de jeu des enfants pour te montrer qu’il tente tout de même de tenir son rôle de père malgré l’état dans lequel il se trouve.

 

A chaque déplacement, il n’oublie pas de passer devant toi, boîte de mouchoirs à la main, en reniflant, en éructant, en se touchant le front, en gémissant et en disant « ah putain QU’EST-CE QUE JE ME SENS MAL ! ».

 

Pour le cas où tu ne l’aurais pas compris.

 

Si, comme moi, tu ne fais pas la démonstration d’un intérêt particulier, il est possible qu’il aille jusqu’à te demander de prendre sa température.

 

Si, si.

 

Ou de regarder ses yeux… « Mais regarde, ils brillent, c’est la fièvre ! ».

 

Bien sûr, comme la maladie l’affecte au plus haut point, il ne peut plus rien faire.

« Papa, tu peux m’ouvrir mon yaourt ? » « Non chérie, demande à maman… Papa est MALADE ! ».

 

L’homme devient donc, un boulet.

 

« Chériiiie, tu peux me donner quelque chose pour la douleur ? Je peux avoir de l’eau ? Où sont les mouchoirs ? » et autres demandes dignes d’un enfant de 3 ans deviennent de plus en plus nombreuses.

 

A tel point que tu as très envie de l’assommer, histoire de le soulager… qu’il arrête de souffrir… et toi aussi.

 

Dans quelques cas extrêmes, si jamais tu ne le calcules vraiment pas et qu’il veut absolument que tu t’occupes de lui, il peut se mettre à parler Assurance Décès, testament…

 

Là, un conseil, continue de l’ignorer ! Autrement tu risques d’avoir droit à « Ah mais en fait t’attends que je meure hein ! L’argent de l’assurance, c’est tout ce qui t’intéresse ! »

 

Ouep.

 

Bon, le point positif c’est que malgré la profonde altération de son organisme, l’homme ne perd pas l’appétit et avale sans problème l’énorme plat de pâtes que tu lui présentes.

 

Voire même, il termine le tien et ceux des enfants…

C’est pour prendre des forces tu comprends. Pour combattre la maladie.

 

Et tout ça, c’est seulement quand il a un rhume.

Comme mon mari en ce moment…

 

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